Table des matières

- Introduction
----- Introduction

- Chapitre I - Les News
----- News

- Chapitre II - Les Ouvrages
----- Date parution

- Chapitre III - Périodiques
----- Revues françaises
----- Périodiques actuels
----- Périodiques antérieurs
----- Bulletins de Ligue
----- Périodiques actuels
----- Périodiques antérieurs
----- Journaux français
----- Périodiques actuels
----- Périodiques antérieurs

- Chapitre IV - Publications
----- Abbé Durand
----- Balédent
----- Barteling
----- Beudin
----- Bolzé
----- Crassier
----- Ezéchias
----- Grégoire
----- Laun
----- Vardon

- Chapitre V - Imagerie
----- Gravures et curiosités
----- Cartes postales récentes
----- Cartes postales anciennes
----- Animaux
----- Afrique et Afrique du Nord
----- Femmes et enfants
----- Messieurs
----- Militaires
----- Divers

- Chapitre VI - Histoire
----- Résumé

- Chapitre VII - Le Livre Ancien
----- Glossaire

- Chapitre VIII - Bourse aux échanges
----- Questions-réponses ?

- Chapitre IX - Liens -

----- sites français
----- La Fédération Française de Jeu de Dames
----- Le site de Véronique Sapin
----- Le site du Damier Lyonnais

----- sites étrangers
----- Le site d'Arie Van der Stoep
----- Forum FMJD

 

Julien-Felix Delauney ou Laun


 

LAUN, ou Julien-Félix DELAUNEY

Cet auteur prolifique, de son vrai nom, Julien-Félix Delauney, est né en 1848. Il s’est servi de ce pseudonyme pour écrire les différents ouvrages sur les jeux qui furent édités. La raison est peut être liée à son activité professionnelle assez éloignée des plaisirs des jeux et qui demandait une certaine discrétion. Il fut en effet inspecteur des études à l’école polytechnique, Capitaine d’Artillerie de la Marine et finira lieutenant-colonel.

Cet érudit a écrit un nombre considérable d’ouvrages aux alentours de 1883 à Cherbourg, comme le traité de la manille qui met en lumière sa maîtrise de la langue française, la règle du jeu de dominos, le domino et ses patiences, règle du jeu de crocket et lawn-tennis, petit traité du jeu de whist (1884), règles des jeux de rams, poker et polignac, petit traité du tric-trac et jacquet (1885), roulette et trente et quarante, traité de l’écarté, la mascotte nouveau jeu de cartes de salon, mais aussi des ouvrages sortant du domaine du jeu comme le traité de cane, boxe et bâton, ainsi qu’un ouvrage traitant du canotage, aviron, voile.
Le manuel du vélocipédiste vaut aussi le détour avec des planches bien illustrées.
Sa connaissance de la géologie, la météorologie et l’astronomie lui permit d’écrire trois autres ouvrages sur ces thèmes en 1888 et 1890, mais signés de son vrai nom. Un ouvrage en rapport avec l’artillerie de marine (1884) ainsi qu’une notice sur une personnalité qui fit une carrière militaire (1892) parachèvent cette longue liste. Julien-Félix Delauney disparaîtra vers 1898.


La période 1880

Une œuvre, un joueur.

Lorsqu’ils ne sont pas le résultat d’initiatives individuelles, les ouvrages sur les jeux paraissent généralement dans le cadre d’une « collection ». Pour exemple, les éditions Bornemann ont créé ces dernières années une « collection de livres de jeux » qui se décompose en plusieurs thèmes, comme «l’univers du jeu » dans lequel fait partie « le livre du jeu de dames » de Philippe Jeanneret et Thierry Depaulis.
Une multiple réédition récente des « règles du jeu de dames » de Henri Chiland se trouve dans un thème nommé « règles du jeu ».


Cette notion de « collection » créée par les éditeurs existait déjà au XIXème siècle. Ainsi, la « bibliothèque des jeux » vit le jour dans les années 1880 avec la parution de petits fascicules qui traitent chacun d’un jeu précis. Il ne faut donc pas les confondre avec les académies des jeux qui recensent dans un seul ouvrage tous les jeux de tables qui existent avec souvent un court exposé sur chacun d’eux. L’objectif de la bibliothèque des jeux était de toucher le grand public au travers d’exposés sommaires et relativement courts. Le lecteur ne doit donc pas s’attendre à des ouvrages à connotations originales comme nous en avons découverts lors d’articles précédents.


Parmi les écrits de la bibliothèque des jeux qui intéressent la communauté damiste, je commence par le « petit traité du jeu de dames » de Laun. Ce petit livre de 32 pages, de format in 12(1), édité par Watilliaux, parut en 1884. Sa couverture, agrémentée d’une maxime de Boileau mérite que l’on s’y attarde un peu.

(1) C'est-à-dire moins de 20 cm de haut. Ce petit recueil mesure 17 cm sur 11 de large.


Le jeu fut de tout temps permis pour s’amuser
On ne peut pas toujours travailler, prier, lire
Il vaut mieux s’occuper à jouer qu’à médire


La lecture du livre commence par la présentation d’un petit historique de deux pages sur le jeu dont l’auteur évoque des origines égyptiennes et grecques.
Les paragraphes suivants traitent de la description du damier et des règles du jeu. Alors que nous sommes à la fin du XIXème siècle, l’ancienne notation Manoury (2) est utilisée dans cet ouvrage. Vint ensuite le « vocabulaire des mots et expressions usités au jeu de dames ».
Aux termes connus comme « lunette » ou « grande ligne » s’ajoute un curieux « tant pour tant » et « coups de repos », ancien terme de notre actuel « temps de repos » Un chapitre de conseils
aux joueurs met surtout l’accent sur les dangers du soufflage.
L’énumération de ces principes se termine en citant une page curieuse d’Edgar Poë, tirée de son « histoire extraordinaire ». Il s’agit d’une courte dissertation sur la comparaison du mode de réflexion adopté aux dames et aux échecs.

La lecture se poursuit ensuite par un « judicieux conseil de la maison des jeux » dont voici la retranscription.

« Qu’il me soit permis d’avertir les joueurs de mener tout doucement les dames ; si l’on use de modération et de douceur envers des dames de bois, qui sont très insensibles, l’on pourra par nature ou par habitude parler, traiter et se comporter modestement avec les personnes et les dames vivantes, qui ne demandent qu’amour et douceur dans leurs fréquentations. »


Nous arrivons enfin à la dernière partie de cet ouvrage ; pas de diagramme, mais une présentation notée de quelques combinaisons. Le fascicule se termine par une approche sommaire de la partie « qui perd gagne ».

(2) L’ancienne notation Manoury est numérotée "1-50" (1 en bas à gauche avec les blancs et 50 en haut à droite avec les noirs) et ne servit quasiment qu’à l’essai de 1770, mais ce « détail » n’a pas alarmé l’auteur.


Dans la collection de la bibliothèque des jeux, d’autres petits ouvrages du même genre virent le jour jusqu’en 1910 environ. Ces fascicules sont difficiles à dater car le catalogue fourni en dernière page par l’éditeur ne mentionne jamais les dates. C’est le cas des deux petits fascicules suivants.

Le « traité du jeu de dames », qui ne comporte pas de nom d’auteur, comprend 32 pages, de format in 12 et sa structure ressemble étrangement à celle du livre de Laun. Un étrange avant-propos sur l’histoire du jeu plus axé sur la période française, où l’auteur cite son apparition vers 1550, sous Henri II.

Le paragraphe suivant traite des règles et de la marche du jeu. Une curiosité à découvrir est le paragraphe consacré à l’avantage. Possibilité de rendre 1 ou plusieurs pions à un adversaire moins fort ; possibilité de lui rendre la remise, c'est-à-dire qu’en cas de match nul, le joueur qui bénéficie du rendu de remise gagne la partie ; il est fait notion de demi-remise, c'est-à-dire une remise applicable une partie sur deux. Le lecteur découvre aussi des possibilités de jeu à demi-pion pour 2 joueurs de niveau différent (une partie à 20 et la seconde à 19 pions).

Il est vrai que l’on peut imaginer toutes sortes de combinaisons, mais ces pratiques (orales) étaient couramment utilisées. De nos jours, il serait curieux de concevoir un livre renfermant de tels concepts. Après un commentaire sur les termes techniques, la tactique apparaît avec un seul diagramme (n°3) dont la solution assez simple apparaît sous la forme chiffrée que nous connaissons, mais la solution raisonnée est plutôt originale. Il s’agit de la notation Manoury (actuelle dans cet ouvrage) transcrite sous forme de phrases, et qui ne comporte pas moins de 40 lignes pour « expliquer » le déroulement gagnant. Mon but n’est pas de vous retranscrire intégralement cette curiosité, mais l’extrait  que je vous présente ne concerne que les … deux premiers temps !

1

2

3
 

« les blancs, pour ne pas laisser aux noirs le temps de se masser, commencent l’attaque en donnant à prendre pour se préparer des temps et jouent le pion de la case 24 à la case 20. Le pion noir 25 passe par-dessus le pion blanc 20 et s’arrête sur la case 14, il a passé deux cases en prenant un pion. Le pion blanc 39 va se mettre en prise à la case 34. Le pion noir 30 passe par-dessus le pion blanc 34 et continue en prenant le pion blanc 33 et s’arrête à la case 28, n’ayant plus rien à prendre ; il est revenu à la rangée d’où il était parti en faisant un angle droit, et en rétrogradant pour prendre le second pion blanc… »

 
Un autre fascicule de même acabit, le « traité des jeux de dames et de baccara » fait également 32 pages, de format in 12, sans date ni auteur, possède un contenu étrangement similaire concernant la partie jeu de dames.
Pas d’historique du jeu, mais l’ouvrage reprend le même texte concernant la présentation et les règles, ainsi que les termes techniques, mais pas de diagramme. 19 pages sont donc consacrées au jeu de dames, les 13 pages restantes traitent du baccara, jeu qui se joue avec 6 jeux de 52 cartes.
La partie « jeu de dames » est en fait une reprise partielle du traité décrit précédemment et l’éditeur qui a publié ces deux ouvrages a simplement réuni deux disciplines en un seul fascicule.
 
Voici donc un bref aperçu non exhaustif des petites réalisations qui parurent à la fin du XIXème et au début du XXème siècle et qui font malgré tout, partie de la littérature damique française. S’il est incontestable que l’œuvre majeure de cette époque fut produite par Balédent, la période 1880 recèle encore quelques petites perles...  mais ça, c’est une autre histoire…
 
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© Copyright Stéphane FAUCHER.